PROMOSALONS VOUS PARLE N°5 : Italie

Notre Déléguée, Patrizia Ferrandi, a été invitée à participer le 29 avril dernier à une visio « table ronde » réunissant une sélection des plus importants organismes de foires et salons italiens et internationaux (Milan, Bologne, Parme, Vicenza…).

Organisée par le groupe éditorial Tespi Media Group e Sport Press, celle-ci portait sur le thème évocateur : « Les salons : de la transition à la transformation ».

Bien que Patrizia ait pris le temps de nous traduire l’intégralité des propos échangés et les prises de position de chacun (que nous tenons à votre disposition), j’ai souhaité ici vous synthétiser les principales idées et sujets de préoccupation de nos homologues italiens qui, le plus souvent, cumulent les fonctions de gestion du parc et d’organisateurs.

L’émergence du coronavirus a profondément modifié les comportements de la population mondiale avec des retombées considérables sur le business et les événements mis à l’arrêt depuis mars.

Problèmes, difficultés et solutions ont été traités au cours de cette rencontre qui a offert des réflexions et idées pour un parcours vertueux vers la réalisation des salons du futur.

  • Une différence de problématiques en fonction de salons B2C (problématiques spécifiques liées à la forte affluence et aux mesures sanitaires à mettre en œuvre) ou B2B. Il est mentionné que le gouvernement, les régions… doivent bien différencier nos événements économiques des festivals ou de la Oktober Fest. Les enjeux économiques sont très différents.
  • Problématique de la concurrence internationale : “Imaginons que la France et l’Allemagne puissent décider de redémarrer et que nous (Italiens) devions rester bloqués, le scénario compétitif deviendrait inégal ». Le cas de Milano Unica et Première Vision est cité : si cette dernière pouvait avoir lieu, contrairement à la manifestation italienne, beaucoup d’exposants se dirigeraient vers le concurrent français et, pour nous, il serait difficile de repartir. Ceci est valable pour tous les salons qui ont un concurrent international direct.”
  • Les organisateurs souhaitent vivement pouvoir reprendre leurs activités salons B2B au plus tard en novembre/décembre 2020, période à laquelle beaucoup de leurs salons ont été reportés. D’ici là, ils auront pu prévoir et organiser les mesures sanitaires pour accueillir les publics.
  • Un autre sujet est celui de la superposition entre les salons reportés d’un même secteur : “Cela amènera les entreprises à faire des choix avec un affaiblissement conséquent de quelques salons, en particulier dans une période où les budgets à disposition seront limités. Il y aura une sélection  ».
    Pour éviter des situations compliquées aux visiteurs et exposants “Nous devons discuter entre nous, organisateurs de salons, et coopérer même si, jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas eu l’occasion ou la volonté pour le faire. Nous avons une opportunité pour approfondir les rapports qui peuvent aider les entreprises de chaque secteur à se focaliser seulement sur certains rendez-vous.”.
  • Pour les salons reportés en 2021 et afin de garder le contact avec leurs clients, la notion de salon virtuel est évoquée, sachant que certains salons italiens ont déjà mis en place des « marketplace » pouvant être développées et améliorées en l’absence temporaire de salon physique. La dimension virtuelle sera donc amplifiée pour rester en contact avec la communauté et fournir des opportunités de business aux acheteurs.
    Pour ce qui concerne la digitalisation  :“Elle doit être complémentaire. L’événement physique peut être accompagné en temps réel par des événements digitaux et il peut y avoir une plateforme avec des événements pointus tout au long de l’année afin de promouvoir le salon ”.
  • Point important souligné : la demande de pouvoir disposer d’une règlementation standard pour toute l’Europe et non différente par province, région et pays. “ Avec les associations des foires et salons, nous sommes en train de définir des protocoles partagés avec les plus grands parcs d’expositions comme par exemple en Allemagne et en France ”.
  • Le thème de l’affluence internationale est mis en évidence. Les associations sont en train d’évaluer différents aspects parmi lesquels la mobilité aérienne qui a une implication directe sur le déplacement des visiteurs internationaux. « Nous devons nous adapter à la situation de ne pas avoir de visiteurs internationaux. La crise causée par cette pandémie ne s’arrêtera probablement pas avec l’arrivée de l’automne ni début 2021. Il faudra quand même trouver des solutions pour adresser les publics internationaux (solutions virtuelles) ».
  • Chacun insiste sur la définition actuelle de protocoles pour la sécurité des clients et des visiteurs qui seront accueillis physiquement tout en tentant en parallèle de réinventer le format. Certains proposent, lorsque cela est possible, d’organiser des activités dynamiques à l’air libre, des zones B2C réduites, la restriction à un public national, une exposition plus large pour les halls occupés, la possibilité d’enregistrement des visiteurs sur une seule journée.
  • Pour les opérateurs italiens organisant par ailleurs des salons en Chine, ils les voient comme un observatoire expérimental qui leur permet de tester quelques solutions à reproduire ensuite en Europe ”.
  • Un autre thème abordé concerne l’investissement pour mettre en sécurité les salons. Les montants à engager sont colossaux. La question est : qui va payer ? Les interventions nécessaires pour garantir l’utilisation en sécurité du parc des expositions par les utilisateurs finaux seraient : contrôle de température avec thermoscan, sécurité (metal detector), assainissement avant accès aux guichets pour l’achat des badges dans un tunnel doté d’une solution d’assainissement nébulisée, signalétique pour les distances de sécurité, contrôle de l’utilisation des dispositifs de protection individuelle, surveillance de la capacité d’accueil du parc des expositions via un système de cameras intégrées, utilisation d’un service pour l’achat des badges et caisses (prévente online avec un numéro privé) avec le développement d’un software ad hoc pour limiter en amont les entrées, règlementation des accès sur les stands. Utilisation de capteurs pour le comptage des personnes dans les zones de restauration, d’informations, les services de presse et salles de congrès.
  • Si la différenciation entre salons B2B et salons B2C a déjà été évoquée, En conclusion, le groupe s’accorde sur la nécessité d’une réflexion rapide sur le digital : “Nous devons tous exploiter l’audience du web qui, dans l’immédiat, ne nous donne pas un bénéfice ; mais chaque e-locker d’aujourd’hui pourrait demain devenir un visiteur.”