Promosalons vous parle n°18 : Golfe Arabique

Situation sanitaire

Depuis le 31 mai, lendemain de la fin du Ramadan, un déconfinement progressif (reprise des vols internes, réouverture des cafés et restaurants) a été mis en place avec l’objectif d’un retour à la normale pour la fin juin qui verra le retour de tous les employés du public et du privé à leurs lieux de travail.

Les regroupements de plus de cinquante personnes restent interdits. Le couvre-feu instauré de 20h à 6h du matin demeure et ne sera probablement levé qu’à la fin du mois de juin. Le confinement a toutefois été rétabli le 5 juin à Djeddah, grande ville côtière de la mer rouge réputée pour son tourisme maritime, pour deux semaines, en raison d’une augmentation du nombre de cas graves et de la saturation des unités de soins intensifs mais aussi pour freiner l’arrivée de touristes internes saoudiens vers celle-ci.

Les gouvernements des pays du Golfe, en général, et celui saoudien, en particulier, ont bien géré l’épidémie et ses conséquences. La rapidité avec laquelle les autorités saoudiennes ont pris des mesures drastiques d’isolement, fin février, a été déterminante pour limiter la propagation de la maladie. Parmi ces mesures, notamment, la fermeture des écoles du royaume, celle de l’accès aux mosquées des deux villes Saintes, la Mecque et Médine (mettant en suspens le petit pèlerinage dit de la Omra) et celle de toutes les mosquées du pays.

Un dépistage massif a également facilité la détection, le traçage, l’isolement des malades et leur prise en charge. Deux autres facteurs ont été déterminants : la jeunesse de la population et les investissements dans les infrastructures digitales réalisées au cours des dernières années. L’ensemble des citoyens ont ainsi eu accès aux informations et instructions gouvernementales par divers moyens dont les réseaux sociaux (sms, Instagram, Facebook...) et dans de multiples langues (arabe, anglais, hindi, indonésien…).

La faiblesse voire l’inexistence des transport publics a aussi permis d’éviter le brassage des gens dans un même lieu. L’absence de centres d’EPHAD, les personnes âgées étant prises en charge par leurs familles, a été un élément favorable de plus. L’Arabie, en particulier, a aussi tiré profit de son expérience cumulée dans la lutte contre les épidémies lors des sessions de pèlerinage et, notamment, dans celle contre le syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS). Pour toutes ces raisons, la mortalité moyenne des personnes atteintes par le virus n’est que de 1,3% (vs 7%, moyenne mondiale).

Impact de la pandémie sur l’économie

Le confinement a été jumelé par l’injection d’environ 50 milliards de SAR (12 milliards d’EUR) dans l’économie locale afin de soutenir l’économie et les sociétés privées. La SAMA (Saudi Arabian Monitory Authority) a annoncé un programme d’appui au financement du secteur privé dont 13 Mds SAR (3 Mds EUR) de prêts aux PME pour soutenir la poursuite des activités et maintenir les emplois. 6 Mds SAR (1,4 Mds Euro) ont aussi été accordés aux banques sous forme de garanties de prêts pour soutenir le financement des PME.

Le ministère des finances a également annoncé avoir préparé des initiatives urgentes d’environ 120 Mds (28,5 Mds Euro) en vue d’appuyer le secteur privé et les activités économiques les plus touchées par le virus. Ces performances relèvent des réserves de fonds, des divers investissements et des excédents budgétaires du coût du pétrole que les autorités saoudiennes et les pays du Golfe ont accumulé depuis quelques années et permettent à l’Arabie, première puissance économique de la zone, d’apporter un soutien durable à son économie. Le taux d’endettement public modéré de 24% du PIB, vers fin 2019, accorde aux autorités saoudiennes une marge de manœuvre malgré un environnement économique dégradé.

Perspectives de développement post-Covid 19

Les dirigeants saoudiens ont érigé en priorité le développement de trois secteurs : l’agroalimentaire, le médical (production de médicaments, construction d’hôpitaux…) et les transports publics régionaux. Des crédits à intérêts réduits seront proposés aux sociétés saoudiennes œuvrant ou souhaitant se lancer dans les deux premiers secteurs. Des opportunités ont par ailleurs éclos, lors de la crise, pour certains secteurs :

  • Celui de l’alimentaire a connu une montée en flèche de ses ventes (en particulier celles de repas préparés, cuisinés, congelés ou stérilisés, produits très demandés), certaines entreprises ayant vu une augmentation de leur chiffre d’affaires de 100% voire plus durant la période de confinement.
  • Celui de l’aménagement intérieur, conforté par l’accroissement du télétravail. L’absence de production locale dans cette activité inciterait les acheteurs à s’orienter vers les produits proposés par la plateforme MOM de Maison&Objet.
  • Celui du jardinage, beaucoup de ménages ayant cultivé leur propre potager. La vente des graines a nettement augmenté et c’est une belle opportunité pour les maraichers, les pépiniéristes et les horticulteurs du SITEVI.
  • Celui du hi-tech et du matériel de communication, très développé et prisé par les cadres. Différentes formes de collaboration dont des conférences et rencontres en ligne sont maintenant envisageables pour les VIP des secteurs.

Point sur les salons nationaux, régionaux et les grands événements

À ce jour, aucun visa n’a été délivré pour le Grand Pèlerinage qui doit avoir lieu le 28 juillet. Le court délai restant avant ce grand événement laisse prévoir qu’il se ne sera pas ouvert aux musulmans de l’international, cette année. De même, tous les salons qui devaient se tenir entre mars et août ont été reportés à l’année prochaine.

Sachant que le secteur des salons internationaux est peu développé en Arabie Saoudite, la plupart mettent en place des webinars et des conférences en ligne pour compenser l’absence physique de ceux-ci et des versions numériques sont à prévoir en septembre et octobre. Aux Émirats Arabes Unis, où les salons dépendent à environ 80% des exposants étrangers, la situation est différente et le maintien de ceux-ci, à compter du mois d’août, dépend pleinement de la réouverture du trafic aérien et des décisions qui seront prises à l’international.

Information particulière concernant l’Exposition Universelle, World Expo 2020 de Dubaï, qui devait avoir lieu du 20 octobre 2020 au 10 avril 2021

L’Assemblée Générale du BIE approuve officiellement le changement de dates de l’Expo 2020 Dubaï. Communiqué de presse du 29 mai 2020 :

« L’Assemblée Générale du Bureau International des Expositions (BIE) a approuvé le report d’un an de l’Expo 2020 Dubaï. L’Expo 2020 Dubaï aura lieu du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022, tout en conservant son nom :
« Expo 2020 Dubaï » . Le Gouvernement des Émirats arabes unis avait demandé un changement de dates de l’Expo 2020 Dubaï à la suite d’une réunion du Bureau du Collège des Commissaires de l’Expo 2020 Dubaï au cours de laquelle les pays participants avaient exprimé la nécessité de reporter l’ouverture de l’Expo afin de surmonter les défis posés par le Covid-19. Conformément à la réglementation du BIE, la demande avait été examinée par la Commission Exécutive du BIE, qui avait, le 21 avril dernier, proposé à l’Assemblée Générale du BIE le report de l’Expo 2020 Dubaï.

Un vote à la majorité des deux tiers des États Membres était requis pour que le changement de dates prenne effet, conformément aux dispositions de la Convention de Paris de 1928. Depuis le 24 avril dernier, les Délégués des 170 États Membres du BIE, nommés par leur gouvernement respectif, votaient à distance et dès le 4 mai, la résolution avait obtenu plus du seuil des deux tiers requis. Le vote était ouvert jusqu’au 29 mai 2020, 18h00 (HAEC), selon la recommandation de la Commission Exécutive. Le Secrétaire Général du Bureau International des Expositions (BIE), Dimitri S. Kerkentzes, a indiqué : « Je salue cette expression manifeste du soutien de la communauté internationale au report de l’Expo 2020 Dubaï. En cette période sans précèdent, la réponse du gouvernement des Émirats arabes unis et des États Membres du BIE témoigne des liens solides qui nous unissent et de notre volonté commune d’organiser une Exposition Universelle véritablement inclusive ».

« Les défis liés à la pandémie de Covid-19 démontrent l’importance du partage de solutions et de la coordination de nos actions. Le temps passé loin les uns des autres nous permet de réfléchir à la valeur de l’être-ensemble et nous rappelle que, même à l’ère du numérique, le partage d’expériences est l’essence de l’humanité. Plus que jamais, le monde se projette vers l’Expo 2020 Dubaï, impatient de se connecter, de réfléchir et de célébrer l’avenir ». Sources : Bureau International des Expositions (www.bie-paris.org/->https://www.bie-paris.org/site/en/]) et www.expo2020dubai.com/.